Escroquerie & esclavage
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Central One, un centre d’escroquerie, le 31 octobre 2024 à Bagac, dans la province de Bataan, aux Philippines.
Plus de 220 000 personnes travaillent dans des complexes d’escroquerie en ligne dans la région tristement célèbre du Triangle d’or en Asie du Sud-Est. Elles sont forcées de travailler soit comme escrocs ciblant en ligne des personnes à l’étranger, soit comme prestataires de services ou travailleurs du sexe dans les mêmes complexes.
Les complexes d’Asie du Sud-Est sont une forme plus extrême de zones économiques spéciales. C’est de la ségrégation pure : il y a des murs, de la surveillance, des barbelés, des gardes partout, des caméras, et les acteurs étatiques sont complices.
Les entreprises criminelles, tout comme les entreprises technologiques légales, extraient des données des utilisateurs de manière sophistiquée. Il s’agit d’une industrie basée sur l’appropriation d’informations, avec une très forte composante personnelle. En donnant à leurs victimes le sentiment d’être vues et entendues, ils cultivent une sorte de dépendance.
certaines victimes sont forcées d’intégrer des équipes de programmation ou d’intelligence artificielle, elles utilisent ChatGPT de manière très efficace. Il est donc erroné de présumer que, parce qu’elles sont impliquées dans des crimes cybernétiques, les victimes doivent avoir des compétences informatiques ou linguistiques.
livre “Scam : Inside Southeast Asia’s Cybercrime Compounds” [Arnaque : dans les arcanes de la cybercriminalité en Asie du Sud-Est], Ivan Franceschini, Ling Li et Mark Bo se penchent sur la structure de cette puissante industrie de l’ombre.
