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Wangiri

Votre téléphone sonne, un numéro inconnu s’affiche, mais l’appel s’interrompt avant que vous ne puissiez décrocher. Par réflexe ou par curiosité, vous rappelez pour ne pas manquer un appel.

Le terme Wangiri vient du japonais qui signifie « sonner et raccrocher ».

Une arnaque en plusieurs étapes

  • Un appel très bref : le téléphone sonne une seule fois et raccroche avant que le destinataire ne puisse répondre.
  • Un numéro inconnu : souvent un indicatif étranger (+216 pour la Tunisie, +225 pour la Côte d’Ivoire, +234 pour le Nigeria).
  • Une victime qui rappelle : pensant être passée à côté d’un appel important.
  • Un numéro surtaxé, qui facture la communication à un tarif prohibitif, pouvant atteindre plusieurs euros par minute.
  • Un répondeur ou un faux serveur vocal, incitant la victime à rester en ligne le plus longtemps possible pour maximiser les frais.

Plus l’appel dure longtemps, plus la facture grimpe. Certains escrocs utilisent même des enregistrements sonores confus ou des silences pour prolonger la communication.

Pourquoi cette arnaque fonctionne-t-elle encore aujourd’hui ?

  • La curiosité naturelle : la peur de manquer un appel important pousse à rappeler.
  • Le contexte professionnel : certaines personnes reçoivent régulièrement des appels d’inconnus (clients, livraisons, démarches administratives).
  • Le spoofing : une technique qui permet aux escrocs d’usurper un numéro local ou connu pour piéger encore plus facilement les victimes.
  • L’illusion d’une erreur : on pense souvent à un problème de réseau ou à une maladresse de l’appelant.

Grâce à un accès automatisé aux bases de données téléphoniques, les fraudeurs peuvent désormais lancer des milliers d’appels par jour.

La situation est préoccupante

  • La plateforme de signalement 33700, reçoit des milliers d’alertes chaque année concernant des numéros suspects.
  • En Europe, on avance le nombre de plusieurs millions d’appels frauduleux passés chaque mois.
  • Aux États-Unis, la Federal Communications Commission (FCC) met régulièrement en garde contre ces appels frauduleux.
  • En Australie, l’ACMA (Australian Communications and Media Authority) a imposé des restrictions aux opérateurs pour limiter ces pratiques.
  • Au Royaume-Uni, les numéros étrangers suspects sont parfois bloqués par défaut sur les réseaux mobiles.

Les nouvelles stratégies des escrocs

Face à la volonté (pouvoirs publics, opérateurs, particuliers) de lutter contre ce fléau, les fraudeurs s'adaptent :

  • Le double appel : première tentative manquée, suivie d’un second appel pour renforcer l’urgence perçue.
  • L’usage des SMS frauduleux : messages du type « Vous avez un message vocal, rappelez le 0899… ».
  • Les appels « localisés » : les gens sont devenus de plus en plus méfiants et ne décrochent plus lorsque l’indicatif est “exotique” ; mais grâce au spoofing, certains numéros semblent provenir d’un indicatif local, ce qui rassure la victime.
  • Le Wangiri ciblé : exploitation des bases de données téléphoniques récupérées illégalement sur Internet (forums, entreprises piratées…).

Bien sûr, les ripostes existent, mais les parades aussi. Par exemple, les fraudeurs changent régulièrement de numéros pour éviter de se faire repérer trop facilement.

Comment se protéger ?

Conseils pour réduire les risques

  • Ne jamais rappeler un numéro inconnu ayant raccroché après une seule sonnerie.
  • Ignorer les appels suspects, surtout ceux venant de l’étranger.
  • Ne jamais rappeler un numéro sans vérifier son indicatif.
  • www.indicatifs.fr pour identifier la provenance d’un appel.
  • Éviter de partager votre numéro de téléphone sur Internet (forums, réseaux sociaux, etc.). Les fraudeurs les récupèrent et créent des bases de données.
  • Se méfier des numéros commençant par 0899, 0039.
  • Informer les proches vulnérables sur ces pratiques frauduleuses, en particulier les ados et les personnes âgées.

Solutions techniques pour limiter les risques

  • Bloquer les numéros suspects directement via votre smartphone :
    • Sur iPhone : ouvrez l’onglet « Récents », sélectionnez le numéro et cliquez sur « Bloquer ce correspondant ».
    • Sur Android : ouvrez l’appel dans votre historique et sélectionnez « Bloquer et signaler » si l’option est disponible.
  • Activer les options anti-fraude des opérateurs :
    • Orange : service Stop Pub et blocage des numéros surtaxés sur demande.
    • SFR : filtrage des appels indésirables via SFR Sécurité.
    • Bouygues Telecom et Free proposent également des options pour signaler les numéros suspects.
  • Utiliser des applications de filtrage anti-spam. Il en existe de très nombreuses :

Démarches à suivre si vous êtes victime d’un appel Wangiri

  • Signalez l’arnaque par SMS au 33700, ou via https://www.33700.fr
  • Contactez votre opérateur pour tenter d’annuler la facturation. Il peut accepter de rembourser les appels frauduleux s’ils lui sont signalés rapidement.
  • Bloquez les appels vers les numéros surtaxés, pour éviter tout problème futur.
  • Déposez une plainte auprès de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) si la fraude est avérée. — https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/signaler-un-probleme
  • Signaler l’escroquerie sur https://www.cybermalveillance.gouv.fr
  • Évitez de prolonger l’appel si vous tombez sur un numéro suspect. Et si vous décrochez et qu’un message automatique vous demande d’appuyer sur une touche, raccrochez immédiatement : il peut s’agir d’un stratagème pour prolonger la communication et gonfler la facture.

Source : https://www.veracash.com/fr/blog/le-wangiri-larnaque-qui-vous-fait-payer-pour-votre-curiosite

wiki/securite/menaces/menace_wangiri.txt · Dernière modification : de palas

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